TOKIOHFICTIOND

TOKIOHFICTIOND
Tout d'abord, petite présentation.

Pseudo : Joy
Age : 17ans
Adresse mail : bonhommefluo@hotmail.fr
Nombre de fictions déjà publiées : 3



Hey vous !!! Bienvenue sur mon blog.

Merci a tous ceux qui m'auront suivis de mon ancien blog à celui-ci. Et bienvenue aux nouveaux !!!

Juste une petite précisionTokiohfictionY (mon autre blog), n'est pas mort. Je continuerai a poster régulièrement. J'adore tellement vous voir en stress lorsque vous ne trouvez pas toutes les réponses a mes énigmes :P.

Mais comme j'avais tres envie de publier cette nouvelle fiction qui m'est venue comme ca, en repensant a ma vie d'avant, ma vie de danseuse, et cette fiction m'est venue. A priori, le sujet n'a pas encore été traité, mais qui sait ? Enfin j'espère pas. Donc voila une fiction toute neuve.

Comme pour tous mes autres blog, je ne mets ni résumé, ni prologues. On attaque directement avec le premier chapitre ;-)




"DANSE ET REVE (Dans ses reves ...)"


___PAGE 1___

-TokioHfictionD, présentation-
-Chapitre 1-(07/12/07)*
-Chapitre 2- 09/12/09



Lorsque tu cliques sur la petite asterisque (ou étoile, comme tu préfères) après la date de parution du chapitre, elle te mene directement a cet article là ;-)



Pour celles et ceux qui souhaiterai lire mon autre fiction "retrouve-le", sachez qu'elle est toujours en cours d'édition et que je serai ravie de vous y retrouvez :-).

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 15:51

Modifié le dimanche 09 décembre 2007 15:58

___Chapitre 1___

______________________________________________________________________________

Voici ma nouvelle fiction. Je remercie tous ceux qui m'auront suivis, et j'espère vraiment que
"Danse et reve" aura au moins autant d'adeptes que "Retrouve-le". D'autant que j'aime tout parti-
culièrement écrire cette histoire, puisqu'elle touche un sujet que je connais bien, la Danse.

On prend la meme présentation et on recommence. Parce que j'ai rien trouvé d'autre qui me
p
laisait. Mais promis je ferai un effort si ca ne convient pas a tout le monde.

S
ur ce, je vous laisse lire ce premier chapitre.

B
onne lecture.

J
oy.

______________________________________________________________________________








Ce matin, comme tous les lundis et mercredis, je prend mon bus chargé de mon gros sac plein à craquer. Je le porte presque diffilement sur mon dos. Il n'est pas lourd, mais encombrant. Et ce monde, je ne le supporterait jamais. Ces bus remplis de gens mal réveillés, pas lavés au réveil, une haleine infecte et qui te baillent dans le visage sans mettre leur main devant leur bouche. Ces gens surexcités qui sont de très bonne humeur dès que le réveil sonne et qui parle tres fort, trop fort, comme pour parler a la place tout le bus. Et ces alcoolos, ces jeunes qui rentrent de boite, qui n'ont pas dormis de la nuit, et qui partent seulement se coucher. Décidément, je ne supporterais jamais. Heureusement que mon trajet est court. Ma station arrive enfin. Je me fraie un chemin parmis le peuple, poussant ma gueulante aux dames en poussettes, incapables de les plier et de prendre leurs enfants dans leur bras, demandant au vieux de mettre plus fort leur sonotone, aux petits d'arreter de chahuter, mais c'est pour leur bien, je ne veux pas qu'ils se fassent écraser. Je descend, la grande rue grouille de monde.

Mon sac pese de plus en plus lourd. Mais je tient le coup. Un attroupement devant un grand batiment. Enfin, j'y arrive. Je pose mon sac un peu avant, devant une petite maison où se trouve un porche. Tous les matins, je m'asseois là, et sors de mon sac un paquet de cigarettes. Mon prof et mon pere me tueraient s'ils me voyaient. Je l'allume et regarde tous ces gens qui passent devant moi. Je baisse la tete, et tente de me consentrer. Une nouvelle journée commence. Et pas des plus faciles. Je suis exténué, j'ai travaillé une bonne partie de la soirée, je suis ensuite rentré a pieds, puis je me suis couché, épuisé, mais je n'arrivais pas a dormir. Mes cernes sont prononcées, mes jambes me lachent a moitié. Mon cerveau marche au ralentit. D'ailleurs, lorsque je finis ma clope, je me rends compte que tout le monde est entré dans le batiment. Le hall est bondé, je repère tout de meme a force d'habitude le magnifique escalier de marbre rose et y grimpe. Je souffle a chaque marche, pour ne pas pousser plus loin mon mal de jambes. Deuxième étage. Certains élèves révisent leur partition, d'autres relisent leur cour, où alors jouent de certains intrusments. Les moins encombrants, certes, mais les plus bruyants. Ca devrait etre interdit dans les couloirs. Est-ce que je vous fait des démos de ce que je sais faire en plein couloir moi ? Non ! Enfin presque jamais. Juste lorsque j'ai besoin de montrer ma supériorité a ceux qui se croient meilleurs que moi. Une battle n'a jamais fait de mal a personne, en tout cas, pas a moi.

Je vais jusqu'à l'autre bout du batiment, pas compliqué, c'est toujours en ligne droite, en suivant le couloir immense et etroit cerné de dorures et de marbrures roses. Des salles se dessinent de chaque coté du couloir. Plus ou moins grandes selon le besoin. Ces bruits m'assourdissents. C'est un vrai tintamarre. Encore il n'y aurait qu'une seule mélodie, mais il y en a une vingtaine de mélangée. Comment font-ils pour savoir si c'est leur instrument ou non qui se trompe ? Je ne comprendrai jamais ces musiciens. J'entre par l'une des portes presque tout au bout du couloir dans une petite salle chauffée. L'une des seules du batiment. Seuls les vestiaires sont chauffés, pour éviter de trop nous refroidir entre les cours. Qu'on ne se claque un muscle. Les musiciens se débrouillent, ils achetent des pulls. L'école a largement l'argent nécessaire pour le chauffage, mais cette école est avarde. Son argent, elle le garde pour elle. Excepté pour les danseurs. Parce que c'est une question de santé. Un clacaque ca fait tres mal, et ca peut etre dangereux. Donc je dois avouer que nous sommes un peu privilégiés. Mais en meme temps, on le lui rend bien, a l'école. Nous avons les meilleurs résultats. 80% de notre section en sort diplomée. Pour seulement 50% en musique, en art dramatique, ou en arts plastiques.


J'ôte mon jean, je ne dis bonjour a personne. Le matin, je ne veux pas que l'on vienne me parler avant les dix premieres minutes du cour. Seul mon professeur a le droit. De toute facon, je n'ai pas le choix ? J'ôte mon calecon, ici, aucune pudeur, on est tous foutus pareils, et on est des mecs. J'enfile mon collant, un short noir, puis un jogging deux fois trop grand pour moi par dessus, dont je remonte les pieds jusqu'aux mollets. J'enfile ensuite un tee-shirt moyennement large, de toute facon, il finira par terre avant la fin du cour. J'enfile également un sweat, et me dirige, sans un regard, vers ma salle de cours. Je longe un peu le couloir dans le sens inverse que je suis venu,et entre dans une des plus grandes salles de danse de l'école. C'est ici que se déroule le cours aujourd'hui. Personne n'est encore là, trop occupés a bavarder. Je m'allonge sur le parquet élastique de la pièce, et ferme les yeux. Je tente de sentir chacun de mes muscles arrieres s'enfoncer dans le sol. A peine cinq minutes après j'ai l'impression de m'etre enfoncé dans du sable mouvant. Je reste là, chassant toutes pensés de mon esprit. Je détend chaque muscle de mon corps, tire les bras vers le haut, toujours allongé, et ettire mon dos, douloureux. Cela me prend cinq minutes de plus. Puis je me relève. Je m'approche de l'une des barres, colle mes fesses a celle la plus haute, pose mes mains en arrière sur le long morceau de bois, et penche de tout mon poids vers l'avant. Mes abducteurs me tirent. Pas bon signe. Je n'ai jamais mal a mes muscles. Je suis un vrai caoutchouc embullant. Je reste, comme ca, la tete en bas, les pieds en premiere position. J'entend des pas. Notre professeur entre. Elle est plutot jeune, et adoroable. Stricte, mais adorable. Elle me connait par coeur. Nous avons suivit la meme formation, etant enfant, elle sait donc tout ce que l'on m'a appris, ou pas.

Les autres élèves entrent a leur tour. Nous commencons par une barre au sol. Exercices principalement axés sur la détente des muscles, abdos, et abdos-fessiers. Elle s'approche de moi, et me demande de la suivre dans le couloir. Ce que je fais, bien évidemment.

«Bill, je te sens nerveux, fatigué, dit-elle.
-Oui, j'ai passé ma soirée a travailler, je lui réponds, lasse.
-Ne travaille pas autant. Tu vas t'user la santé.
-Mais, Anna, le concours est dans moins d'un mois ... ,
je tente.
-Taratata, je ne veux aucune excuse. Tu es pret, et tu le sais. Et ce n'est qu'un concours, tu en auras d'autre.
-Je ne veux pas le savoir. Cette compagnie me plait.
-Rends moi les clés, Bill,
me dit-elle, sévère, me tendant la main.
-Mais ... »

Je ne continues pas. D'accord, elle a gagné. Je cours au vestiaire et lui rend les clés. Elle reprend son sourire et me demande de la suivre. Le cours commence. Je suis placé tout devant, comme d'habitude. Derriere, on ne voit rien. Et d'ailleurs, ceux qui sont derriere, ne veulent pas voir. Des fils a papa, je vous dit. Moi je veux réussir. Et j'y arriverais.




***





Encore en retard. Encore et toujours en retard. Je vais me faire tuer. Raaa des fois je le tuerai mon pere. Sincerement. Encore a m'occupé de lui toute la nuit. A l'entendre vomir tout son alcool dans les toilettes. Et ma petite soeur qui n'arretait pas de pleurer. Encore des cauchemards. Encore et toujours des cauchemards. Une nuit de plus, j'ai du la prendre avec moi pour qu'elle s'endorme enfin, d'un sommeil léger. Et comme toutes les nuits, avec cette petite dans mes bras, je n'ai pu m'empêcher de la regarder dormir. Avec son visage d'ange. Son visage innocent. Puis la déposer à l'école. Et sa maitresse qui voulait me parler. Je n'ai pas le temps ... misère. J'ai un boulot moi aussi ! Ou plutot j'essaie d'en avoir un. Et ce n'est pas gagné avec eux. Vraiment. Si je veux pouvoir faire bouffer tout le monde, il va bien falloir que je gagne de l'argent un jour, non ? J'en ai marre de cette baraque pourrie. Raz le bol de demander chaque année une bourse, et une autre pour ma petite soeur. Mon pere est incapable d'écrire. Avec tout son alcool, voilà un moment qu'il ne sait plus écrire. Il voit double toute la journée. La seule chose qu'il lit en le voyant clairement c'est «Whisky pur malte» ou encore «Poliakov». Arg. Et voilà, mon bus m'est passé sous le nez. Je n'ai plus qu'à courir. Au moins, je serais échauffé. Je cours. J'en peux plus. Mon sac pese une tonne. Enfin en réalité, il ne pese rien. Mais lorsque l'on porte quelque chose pendant trop de temps, on a l'impression que son poids quintuple. Mon épaule me fait mal. Et je n'ai preque pas dormi. Je suis épuisé. Ca y est, j'aperçois le grand batiment blanc. La dame de l'acceuil me signifie que j'ai rendez-vous avec la directrice, et tout de suite. Meme pas le temps de poser mon sac au vestiaire. D'accord. Je cours une fois de plus jusqu'a son bureau. Je frappe, et elle me dit d'entrer. J'aurai tellement aimé qu'elle soit partie en vadrouille dans l'école, mais non, elle m'attend. Elle me fait signe de m'asseoir, sans meme prendre le temps de me dire bonjour. Je m'exécute.

«Bien, Tom. Encore en retard a ce que je vois.
-Excusez moi, madame,
je baisse la tete.
-Ce n'est pas auprès de moi que vous devez vous excusez. Vous passer votre examen a la fin de l'année, vous rendez-vous compte ? s'énerve-t-elle.
-Oui, madame.
-Ecoutez, vous etes notre meilleur élément dans votre discipline, question pratique. Mais niveau théorique, votre moyenne chute lamentablement. Vous qui aviez de si bonnes notes, vous n'étiez jamais en retard. Vous avez toujours eu de tres bonnes moyennes dans les matières générales. Que se passe-t-il, Tom ?
»

Je ne peux pas lui dire. Ce n'est pas possible. Je me moque de moi, mais pas de ma petite soeur. Ce n'est pas possible. Je ne peux pas dire une chose pareille. Ou ma soeur entre en internat. Et c'est hors de question.

«Madame, c'est entièrement de ma faute. Je ne sais plus gérer mon temps. Et cette audition, dans un mois, elle me stresse énormément.
-Je vois ... vous ne me le direz donc pas. Tanpis. Mais je veux que vous remontiez vos notes. Ce soir, je vous ai mis en soutien ...
-Non !!! , madame,
je la coupe. Je suis désolé, mais ma petite soeur sort de l'étude a 6heures. Mon pere est en voyage, je dois aller la chercher.
-Aucun voisin ne peut aller la chercher ?
-Vous savez, madame, je ne sais pas si vous confieriez votre fille a une seule des personnes qui habitent dans mon quartier.
-Je vous la confierai, Tom,
souria-t-elle.»

Mon visage s'illumine. Cela veut-il dire qu'elle me laisse aller la chercher. Je comprends a son regard que oui, elle me laissera partir. Je ne peux que lui dire un simple «Merci», puis elle me congédie. Lorsque j'allais passer la porte, elle me retint de sa voix. «N'oubliez pas, Tom, remontez vos notes. Vous n'etes que boursier, ici. Nos sponsors auront vite fait de vous la retirer, et je ne pourrais rien y faire». Je ne reponds rien. A quoi cela servirait-il ? Je baisse simplement la tete tout en acquiessant et sort. Bon, eh bien je viens de loupé une heure d'entrainement. Il ne me reste plus qu'a m'échauffer tout seul. Je troque mon baggy pour un jogging extra-large, chausse mes plus vieilles chaussures, celles où je me sens le mieux, retire un de mes T-shirt, et me dirige vers la plus petite salle de danse de l'établissement. Elle me suffit pour moi tout seul. J'ai pris avec moi le CD qui me servira pour mon audition. Je le met dans le lecteur, et met le son a la puissance maximum. Mickael Jackon. Je n'aime pas spécialement, mais le rythme est bon, et de toute facon, je n'ai pas le choix. Musique imposée, chorégraphie libre. Mais chorégraphie strucurée. Impossible d'y arriver les mains dans les poches. Mais je n'ai que les 4 premieres huitaines. Je n'irai pas bien loin avec ca. Il me reste toute la chanson a faire. Raaaa je deteste Mickael Jackson ! Et me pose au sol, une jambe en tailleur, l'autre repliée, mon bras gardant la télécommande en main, et ma tete qui surmonte le tout, avancant et reculant la musique pour me mettre en tete quelque chose, mais rien ne vient. Je suis épuisé. Je n'arrive plus a réfléchir. C'est affreux. Comment fait-on pour danser sur Mickael Jackson ? Je me leve, puis ôte mon tee-shirt. Je ne suis qu'en jogging, avec mes chaussures, et je commence quelques accrobaties. Je ne pratique pas le Hip-Hop en cours, mais j'aime tellement ces figures ! Je me laisse aller. Pourquoi pas, après tout ? Aucun professeur pour me voir, il n'y a que moi.

Midi sonne ... J'ai la dalle, il n'y a plus rien dans mon frigo. Je file.




***





Ce cours m'a épuisé. Littéralement. Je travaille trop, mon corps me le dit et me le répète. Et j'ai faim, tres faim. Je fais la queue a la cafétaria, prends ce qui me plait, et passe a la caisse. Ces radins, si t'es pas boursiers, tu paie ton repas cash ! 8euros tous les jours, ca fait mal aux fesses ! Pire que la pénétration a sec pour ta premiere nuit, pire qu'une pillule a avalé sans eau, pire que le froid qui te craquelle la peau les nuits d'hiver avec pour seul vetement une echarpe. Sans déconner. Je ne suis pas pauvre, mais bon, je ne suis pas riche non plus. Je ne travaille pas. Mon pere me paie juste le loyer, et un minimum pour manger. Ce que je gagne, je le gagne lorsque je danse dans des galas, des spactacles, des représentations. Et a coups de 8euros par jour, cinq jours semaines, Faites le compte ! Ca part pire que vite.

Je m'installe a une table, seul. Je ne connais personne, ici. Je ne suis là que depuis le début de l'année. Tous se connaissent ici depuis la premiere année de formation. Je suis un rejeté, un gars qui a eu le malheur d'avoir un passe-droit pour entrer à l'école en milieu de formation. Qu'est-ce que j'y peut, moi, si cette école est venue me chercher ? Je n'avais rien demandé. Certes, ca ne ma pas déplut, au contraire. Tu parles, une ecole de cette renommée, mais ca passe mal. Des centaines d'élèves passent le concours pour rejoindre une des trois places par an qui se libèrent, et moi, j'arrive, tout fier, parce qu'on m'a demandé de venir. Ils n'ont pas accepté. Et je les emmerde. Je n'y suis pour rien. Et tant mieux que je sois seul. Personne pour me distraire de mon but.




***





La nuit commence a tomber, j'ai déposé ma petite soeur a la maison, j'ai pu aller la chercher plus tot. Ca m'arrange, je peux retourner a l'école, comme ca. Il faut que je bosse, bordel ! Je n'y arriverai jamais sinon.

Toutes les salles sont a présent fermées. Tous les élèves ont quittés les lieux. Grave a mes clés magiques, j'ouvre la porte de la plus grande salle de danse de l'école. La salle Béjart. Je l'aime, cette salle.

Ce soir encore, je ferai tout, sauf ma variation. J'ai besoin de m'amuser, de me libérer, de sentir mes poumons vibrer. Mes jambes s'entortiller en mouvements complexes et incohérents. Qu'il me serait impossible à expliquer. Parce que c'est juste un relachement du corps. Ma tete en arrière. Je me laisse aller. Je me défie du regard dans cet immense miroir qui entoure la pièce, qui la rend plus grande encore qu'elle ne l'est déjà. Coupole, Flip, Salto, tout y passe, meme si ce n'est pas de la danse. C'est MA danse, MON expression corporelle. Après tout, qu'est-ce que la street dance ? Une expression corporelle. Des mouvements pris dans la rue, un simple gars qui s'essuie l'épaule du revers de la main peut devenir un mouvement. Tout est Liberté dans la Street Dance. Meme si tout a la fin devient structuré. Mais tout est Liberté, au début. Une évasion de son corps, une évaporation de soit-meme, et Dieu qu'on se sent bien, lorsque, a bout de force, on s'écroule sur le bois vernis, taché de collophane par les danseuse sur pointes, sentant cette odeur de résine sur le sol. Son dos détaillant chaque partie de ce bois qui nous manque tellement lorsqu'on le quitte. C'est ca la vie. La vie n'est que Danse. Et Musique.




***





Je m'en veux de m'ettre fait retirer ces clés si betement. J'ai tellement besoin de danser. Je suis seul, chez moi. Je m'ennuie, je rumine, je mange. Je regarde des émissions débiles. Moi, je veux danser. Encore et toujours. Si je ne pouvais faire que ca, je le ferais. J'ai fini de m'habiller, je suis le dernier. Je suis resté jusqu'a ce que l'on me demande de partir. J'attrape mon sac et eteinds la lumière avant de sortir. Je pars en direction de la sortie, mais dans la direction opposée, de la musique m'interpelle. Je change de trajectoire et abuse ma curiosité.

Je l'ai déjà vu danser. Plus d'une fois. Il se debrouille bien. Meme tres bien. Je rêverais de faire une battle avec lui. Juste pour voir lequel de nous serait le plus fort. Je l'observe a travers le petit carreau de la porte. Il ne me remarque pas. Il danse. Il expie sa rage. Il la fait sortir de lui. Il a l'air tellement en colère. Et pourtant, dans les couloirs, il a l'air si heureux de vivre. Il n'y a que lorsque les gens dansent que l'on remarque leur véirtable personnalité. C'est un acharné, mais il dévie de son sujet. Il passe une audition de street-dance, je le sais je l'ai vu en cours, et là il danse sur du hip-hop. Toute la section a eu pour obligation une chanson de Mickael Jackson et lui, il danse sur un rappeur que je ne connais meme pas. Et qui ne m'interesse pas. Ce style de musique me fout la gerbe. Mais je suis hypnotisé. Il ondule son corps avec tellement de facilité. J'ai beau dire ce que je veux, me montrer le plus fort de tous, en hip hop, je n'atteindrais jamais ce niveau. Parce que pour etre un bon danseur de hip hop, il faut un vécu, un passé, moi le mien a été plutot bien loti, je n'ai donc rien à extraire. C'est pour cela que le contemporain me plait. L'expression des émotions. Rechercher au fond de soit des émotions que l'on ne connait pas, que l'on doit exprimer parce que c'est comme ca, c'est dans l'écriture du scénard. Il y a marqué qu'il avait mal au coeur, alors il faut l'exprimer. Meme si tu es le plus heureux des hommes a danser sur cete scene.

Et il ondule, encore. Son front perle. Son torse est plein de sueur. Il n'en peut plus, et s'allonge a meme le sol, comme moi le matin. Je l'observe. Des semaines que je l'observe. Je lui trouve quelque chose de spécial. Quelque chose que les gens ici n'ont pas, ne peuvent pas m'apporter. J'aimerai tellement l'aborder. Mais je dois resté concentré sur mon objectif. Et lui, il n'est pas homosexuel. Remarque, moi non plus, je suis bisexuel. Mais les hommes me plaisent tellement plus. Mes les rappeurs n'aiment pas les petits danseurs de bal, comme ils les appelle, ou bien ses fillettes en tutu. Alors qu'aucun homme ne portera jamais de tutu. Mais c'est seulement pour blesser. Je suis bien tout seul. Et j'ai envie de danser. Il se relève, je pars vite avant qu'il ne m'apercoive. Je marche un bon trois quart d'heures et arrive enfin chez moi. Seul. Tellement tout seul ...




***




J'entre dans la maison. J'entends déjà les pleurs de ma petite soeur. Papa l'a encore laissée toute seule. Pauvre petite. Je cours vers chambre. Sans prendre le temps de me déshabiller, de laisser mon sac dans le couloir. Je cours, pénètre dans sa chambre, et la prend dans mes bras. Elle pleure. Je la calme à coup de «Chuut» dans l'oreille et de «C'est fini ma puce» tout en la bercant. Elle se blottit contre moi et je l'emmene dans ma chambre. Cette nuit encore, elle dormira dans mon lit. Je la couche, la recouvre de la couverture et me déshabille, ne gardant que mon boxer. Je la rejoinds dans le lit, et elle se blottit contre moi. Sa respiration toute douce, son sourire qui m'apaise. «T'étais où, Thomas ?» Je lui souris . «Pourquoi Thomas ? C'est Tom, mon prénom.» Elle rigole de son petit rire et m'explique. «Je sais mais ma maitresse elle t'appelle tout le temps comme ca, elle croit que Tom c'est un diminutif, elle est bete.» Je rigole avec elle. Oui, sa maitresse est stupide. Mais je ne le dirais pas devant une petite fille de sept ans. «Tom, pourquoi tu rentres si tard ?» Elle prend son air autoritaire. C'est vrai que c'est la seule femme de la famille, il faut bien qu'elle le montre héhé. «J'étais à l'école, ma puce. Tu sais, l'examen, c'est bientot. Et puis il y a quelqu'un que je voulais voir...» Elle me regarde, suspicieuse. « Qui ca ?» Cette petite est irresistible. «Un garçon qui m'observe depuis pas mal de temps. J'aime bien le voir m'observer.» «Mais s'il te voulait du mal ?» L'imagination des enfants ! «Ne t'inquiètes pas, ma puce, il ne me veut aucun mal. Il est juste curieux. Allez, au dodo, ma princesse». La petite s'allonge tout contre moi, et je l'encercle de mon bras. J'éteinds la lumière et plonge dans le milieu des reves. Mon pere ne rentra pas cette nuit. Tant mieux. J'ai pu rever. A lui. Qu'attend-il pour venir me parler ... ?

# Posté le vendredi 07 décembre 2007 16:05

Modifié le vendredi 07 décembre 2007 16:20

___Chapitre 2___

_______________________________________________________________________________


Et voici le deuxme chapitre. J'aime vraiment beaucoup lcrire. Dans le style d'écriture, c'est un peu
plus léger, je l'avoue, que "Retrouve-le", mais en meme temps le sujet n'est pas le meme :)

J'esre que ce chapitre vous plaira tout de meme. Moi ca me plait de l'écrire. Et ne vous inquiétez
pas, ce n'est pas parce que je commence celle-ci que j'abandonne l'autre.

Gros biyoux les gens.

Joy.

_______________________________________________________________________________








«Lilly ! Lilly, t'es où ?» Cette gosse me rendra fou. Où est-elle passée ? C'est pas vraiment le moment de jouer a cache-cache là ! «Lilly, je te promets que je t'emmène voir les éléphants tout a l'heure si tu sors de ta cachette !». J'entends un gros bruit. Elle vient de se casser la figure en courant. Puis elle court à nouveau et se plante devant moi avec des yeux tout timide. «C'est vrai, tu m'emmèneras voir les éléphants ?». Je la prends dans mes bras. «Oui, c'est promis. Après l'école». Je la pose sur son lit et lui met ses chaussures. Je lui met son tee-shirt, son pull. «Tu t'es lavé les dents ?» Elle bouge sa tete de haut en bas. «T'as fait ton cartable ?». Elle court le chercher, puis me le tend, toute fière. «Oui, je l'ai fait.» Je la porte de mon bras gauche, prend mon gros sac sur mon dos. J'ai du laver toutes mes affaires hier, donc je n'ai plus rien dans mon casier. Obligé de prendre cet énorme sac. Et enfin je prends dans ma main droite son si petit cartable. «Alors on y va.» Je passe la porte de la maison, et nous partons attendre le bus. Il ne tarde pas a venir.

Nous montons dedans. Il y a un monde fou. Pourtant il est tot. Je suis obligé d'emmener Lilly a l'étude du matin, aujourd'hui, parce que les cours commencent un peu plus tot que d'habitude. Les auditions approchent, et ils veulent etre sûrs que l'on est au point. Le bus nous depose juste devant son école. Je la confie a la surveillante, qui me donne une note de l'école. Je longe un peu la rue et attend mon prochain bus. Il arrive vite, je monte dedans, et trouve une place assise. Je pose mon sac par terre. Il pese une tonne, puis sort la lettre de ma poche. Eh merde, ils veulent voir mon père. Je vais encore devoir y aller à sa place. Dix heures en plus. Ils peuvent pas nous demander notre avis ? Y en a qui bossent bordel. Va falloir que j'aille demander une autorisation d'absence justifiée a la directrice. Ils vont me faire perdre ma bourse ces connards !




***




J'ai rendez-vous avec la directrice. J'attends devant sa porte depuis longtemps maintenant. Des gens défilent a ma place, alors que j'avais rendez-vous il y a une heure ! A chaque fois, elle me lance un regard désolé, l'air de dire «Désolé, mais c'est important» Ok, mais je m'en fou, de ces gens. Je vais arriver en retard pour les echauffements. En plus j'ai classique aujourd'hui. Ca m'aurait reposé. Avec le stress qui règne à l'école, un peu de douceur ne m'aurait pas fait de mal. La porte s'ouvre une énième fois, elle serre la main a un mec bizarre, puis se tourne vers moi, enfin. «Mr Trümper, je suis a vous. Excusez moi pour le retard.» Je ne répond rien, a quoi bon. Je me contente d'entrer et de m'asseoir en face de son bureau. Elle me rejoinds, puis sort mon dossier de son armoire. Elle le pose sur son bureau, puis s'asseois dnas son fauteuil bien confortable. Pas comme celui sur lequel je suis assis. Elle feuillette mon dossier, et en retire un papier, qu'elle met devant elle. J'observe a l'envers ce morceau de papier. Mon relevé de notes. Elle le contemple un instant, puis me regarde.

«Bien. Bill, certains professeurs se plaignent de vous. Il vous disent arrogant, et innatentif.
-Sans vouloir vexé personne,
je commence, il me semble que, malgré mon innatention et mon arrogance, j'ai les meilleures notes.
-Effectivement. Et c'est pourquoi je vous ai convoqué. Vous avez un réel talent, c'est certain. Mais votre désinteressement total des cours ne sont pas entre votre faveur. D'autant que j'ai entendu des rumeurs comme quoi vous organiseriez des «battles» dans les couloirs de l'école ?
-Je n'organise rien, madame. S'il y a battle, c'est que l'on me cherche. Et mieux vaut que l'on règle nous différents en dansant qu'en se battant, n'est-ce pas ?
-Certes. Mais s'il vous plait, évitez d'insulter les profs, montrez un peu plus d'interessement aux cours généraux.
-Sans vouloir vous vexer, j'ai toujours pris des cours par correspondance, et c'est vous qui etes venue me chercher. Je n'aime pas que l'on me force a apprendre des formules chimiques. Je préfère apprendre a mon rythme ces choses là ... Qu'est-ce que je gagne a m'interesser a vos cours ?
-Dites moi ce qui vous ferai plaisir.
»

Alors on en est là ? Elle doit vraiment vouloir me garder dans l'école pour me proposer de choisir ce que je veux.

«Je veux récupérer les clés des salles pour pouvoir danser le soir? je tente.
-Et vous promettez de laisser le calme ?
-Je vous le promet, madame. Parole de Trümper.
-Bien, alors vous les trouverez dans votre casier ce soir.
-Merci, madame.
-De rien. Filez en cours, vous allez etre en retard


Je ne me fais pas prier et sors. En sortant, je croise le mec qui en section Street Dance, en SD2, je crois. Street Dance classe n°2. Je lui adresse un sourire, qu'il me rend. La directrice semble étonnée de le voir ici. «Que faites-vous ici, Tom ?» Elle ne lui laisse pas le temps de répondre «Bill, filez, ou je retire notre accord» Je cours dans les couloirs. Mes clés, j'y tiens. Et je vais etre en retard. Hors de question.

J'entre. Les vestiaires sont pleins, ils ont tous des tetes a claque et je ne peux plus provoquer personne. Merde. Faut vraiment que j'aime ce que je fais pour ne pas en défier un ou deux.





***




«Tom, que faites-vous là ?» Le garcon qui me regarde danser le soir est là, devant mes yeux. Il me sourit. Je lui réponds. Elle lui dit de filer. Dommage. Bill je crois. Je le verrais ce soir a tous les coups. Lorsqu'il viendra me voir danser.

Elle me fait entrer dans son bureau, je m'asseois, elle aussi.

«Que me vaut l'honneur de votre visite ?
-Je viens vous demander une faveur, madame.
-Je vous écoute.
-Voila, l'école de ma petite soeur a convoqué mon père, mais comme il ne peut pas s'y rendre, je suis obligé d'y aller. Et je voulais savoir si vous m'autoriseriez a y aller, et faisant passer cette absence comme justifiée.
-Il serait peut etre temps que vous m'explliquiez ce qu'il se passe, Tom.
-Je ne peux pas, madame.
-Votre situation m'ennuie, Tom. Je vous aime beaucoup et ca me peine que vous ne me confiez pas ce qui ne va pas. Mais certes, je vous l'accorde, mais seulement pour cette fois. La prochaine fois, je demanderai des explications, Tom. Rien à voir mais ?avez vous fait la visite médicale ?
-Non, je n'ai toujours pas été convoqué.
-Vous le serez bientot, dans ce cas. Vous avez maigri, Tom. Meme si vous portez de l'extra large, ca se voit. Allez, filez. Vous etes en retard, une fois de plus.
»

Je me précipite vers les vestiaires. Plus personne n'est là. Je déteste me dépecher. Allez, une nouvelle journée commence.




Nous sortons du zoo. Elle est toute émerveillée. Je la prends dans mes bras et on se dirige vers un marchand de barbe a papa, juste a la sortie du parc. «Tom, t'as vu comment il faisait avec sa trompe, dis, t'as vu ?» Je rigole. «Oui ma puce, j'ai vu. Ca t'a plu ?» Elle me fait pour toute réponse un énorme bisou sur la joue. Je commande sa barbe a papa, et la lui tend. Elle en arrache un gros morceau et me le donne. «Merchi ma puce». Ma bouche est pleine. Elle sourit. Je l'embrasse sur sa joue déjà toute pleine de sucre. Je la pose par terre et prend sa petite main dans la mienne. «On rentre a la maison, ma puce ?». Elle perd son sourire et s'arrete. «Tu vas repartir à l'école ?» Je la reprends dans mes bras. «Oui, j'y retourne. Tu sais, demain, je suis dans ton école, alors je pourrais pas danser autant que d'habitude, et il faut que je m'entraine, tu comprends ?» Une larme coule sur sa petite joue rose.

«Mais tu vas encore me laisser toute seule a la maison, et je veux pas.
-Tu veux que je t'emmene avec moi ?
»

Son visage s'illumine et elle enfouie sa tete dans mon cou. Me collant la barbe a papa dans la figure. J'en mange un bout au passage. «Eh, mais c'est MA barbe a papa !» Cette petite est vraiment adorable. Je l'emmene avec moi vers le bus, que l'on prend.





***




J'ouvre avec la clé trouvée dans mon casier la porte de la salle Béjart. J'aime cette salle. Elle sent la résine, le bois usé. Je met un CD dans le lecteur et m'asseois en face de la chaine hi-fi. J'attache mes cheveux en queue basse, et zappe avec la télécommande. Je trouve une musique qui me plait et ecoute attentivement. Des milliers de mouvements défilent dans ma tete. Je les imprime dans mon cerveau. Mes muscles veulent bouger. Je me leve, et me laisse porter par les accords, tentant tout de meme de garder en memoire chaque mouvement que je fais, pour les reproduire ensuite. Je me laisse guider par les notes, mes jambes et mes bras m'entrainent tout seuls. Ma tete se relache. Elle bouge au gré de son envie. Je pars dans des mouvements qui peuvent sembler mous mais qui sont pourtant tellement soutenus.

«Ma puce, a ...» Je me stoppe, quelqu'un vient de pénétrer dans la salle. Je manque de me casser la figure en pleine piroutte. Je me tourne vers la peronne en question, Tom.

«Je ... je suis désolé. Je pensais pas que ...». Il commence a sortir. «Reste, la salle est assez grande pour nous deux, tu sais.» Il hésite un peu, puis : «Oui, mais on fait pas vraiment la meme chose, les musiques ne sont pas vraiment compatibles, dirons-nous.» Je le regarde froidement. «Ne juge pas ce que tu ne connais pas». Je me dirige vers la chaine hi-fi, et sors un disque de mon sac. Je change le CD, enfile un large jogging, et une veste sur mon torse nu, et lance la musique. «Je te prouve que je sais faire la meme que toi ou pas ?». Il acquiesse. J'enchaine les mouvements que je l'ai vu faire hier. Qu'il répétait pendant plus d'une heure. Je me dechaine. Je le nargue. Puis la musique s'arrete, je suis tout essouflé. Ca creve, sa danse.

«Alors ?» Il pose l'enfant qu'il porte dans ses bras et lui dit d'aller d'asseoir sur la band au fond de la salle. «Mais je vais rien voir !» Il rigole doucement et lui fait un bisou. C'est qui, cette gosse ? «Mais si, regarde, y a des miroirs partout. Et puis faut que je travaille.» Elle fait la moue puis part les bras croisés sur son banc. Puis il s'approche de moi. Et me prend la télécommande des mains. «C'est bien pour un gars qui se sert de mes mouvements. Ancre tes pieds dans le sol. Les pieds sont raides, en «Street». Bien a plat. Et le regard, toujours vers le miroir. T'as des choses a prouver. Tu ne laches JAMAIS le public ou ton concurrent du regard. C'est toi le plus fort. Trouve un point dans la salle, et ne le lache pas.» Si je te regardes toi, c'est grave ? «Regarde moi, si ca peut t'aider» Puisque c'est si gentiement proposé. Il lance la musique. Je recommence. Je ne le lache pas du regard. Tout le temps. Il me fait tellement envie. Je tente de le défier du regard. Je veux lui montrer que je peux etre aussi bon que lui. Il sourit. Il stoppe la musique. «J'ai dit, DEFIER, j'ai pa dit MATTTER.» Je rougis comme une adolescente cachée par ses boutons a qui on dirait qu'elle est jolie. Merde, Bill, t'es un homme. Un mec ca rougit pas. Je m'asseois par terre. «Comment tu fais pour avoir un regard aussi dur quand tu danses ?» Il s'approche de la chaine hifi, et change le CD. «C'est simple, suffit d'oublier que t'as une bombe atomique devant les yeux» Il rigole. Moi pas du tout, sa remarque est débile. Et il le remarque. Il rigole encore a moitié et il me sort. «Tu crois que je fais comment quand tu me regardes danser tous les soirs ?». Pardon ? Il a dit quoi ? «Pardon?». Il met la musique en route, puis il se met a "marquer" quelques pas. Les esquisser. «Fais pas genre. Tu crois que je ne te vois pas, tous les soirs, là, devant ma salle ?» Ses bras ondulent autour de sa tete, pendant que ses jambes restes raides. Joli contraste. Puis il prend de l'élan et nous fait une rondade-flip parfaite. Il reprend son équilibre puis me regarde dans les yeux. «T'inquiètes, je t'en veux pas. Je fais la meme chose quand t'es dans la tienne. Sauf en ce moment, parce que j'ai pas le temps.» Il me montre du doigt la petite fille au fond de la salle pour se justifier. Elle joue avec un ruban qu'une fille a du oublier de coudre sur ses pointes. Qui est cette gosse, bon sang ? «Bon, on danse ? Je suis venu pour ca, a la base.» Je me releve. Il a mis une musique qui nous correspond a tous les deux. Chacun dans notre coin, on révise nos pas. Parfois, je m'énerve, tout comme lui, parce qu'on arrive pas a faire telle ou telle chose, parce que l'imagination ne vient pas, ou que les enchainements ne vont pas avec la musique et que ca nous destabilise. Je suis épuisé. Je veuc tellement lui en mettre plein la vue que je suis deux fois plus fatigué que quand je me défonce en cours.

Je me pose sur le banc, et attrape ma bouteille d'eau, la porte à mes levres et bois. Je semble apeurer la petite qui cours se réfugier dans les jambes de Tom, l'empechant de danser. «Qu'est-ce qui se passe, ma puce?» Elle se met a pleurer. Ses poings frottant ses yeux clos. «Elle est fatiguée, je crois. L'est tard pour elle. Je vais rentrer.» Il ramasse ses affaires, et s'apprete a passer la porte. «Merci pour m'avoir preté ta salle, hein ?» Je le regarde, de mon air provocateur, et lui dis «C'est quand tu veux.» J'adore faire des phrases a double sens. Lui aussi a l'air d'aprécier. Puis il sort, la petite a moitié endormie dans ses bras. Je n'ai plus envie de danser, maintenant que je suis seul. Je range mes affaires et sors de la salle. Je prends une bonne douche, puis prend le chemin de chez moi.

Il n'y a presque plus rien a manger dans mon frigot, et je creve la dalle. Faudrait peut etre que je pense a faire les courses. J'attrape un paquet de gateaux, et pose mes fesses sur le canapé tout mou. Je commence a regarder un film, mais je m'endors.





***




Mon pere n'est toujours pas rentré. Ou alors il dort cuver son vin. Au choix. Je n'irai pas vérifier. Je couche Lilly dans son lit, et pars dans ma chambre. Elle s'est endormie dans mes bras sur le chemin. Je me cale sur mon lit et attrape ma guitare. J'en joue un peu, allongé. Ca m'appaise. Cette soirée était vraiment magique. J'aimerai bien le connaitre un peu plus. Il m'attire. Physiquement. Ce mec est parfaitement taillé. Je sais qu'avec mon style, on pourrait croire que je suis hétéro, macho qui plus est, mais non. Les filles, c'est pas mon truc. Ca ne l'a jamais été. Je joue seulement devant les copains, mais je n'y touche pas. Mon pere me deteste pour ca. Mes amis n'en savent rien. De toute facon, je n'ai pas d'ami. J'ai pas le temps. Enfin si, un seul. Georg. Je l'aime beaucoup, énormément, meme, mais je ne peux pas lui dire ca. Il aime tant les filles. Il ne comprendrait pas. De toute facon, je m'en fiche.

Je réfléchis quelque temps, puis j'entends la porte d'entrée claquer. Mon pere est rentré. Je l'entends monter l'escalier. J'éteinds vite la lumière et plonge dans les draps, faisant semblant de dormir. Il entre comme une furie dans ma chambre, mais voyant que je dors, referme la porte de rage. Pourvu qu'il ne reveille pas Lilly. J'entends sa porte de chambre claquer, mais pas un bruit venant de Lilly. Tant mieux, il faut qu'elle dorme. Et moi aussi. J'ai besoin de sommeil. Tellement besoin de sommeil.








_______________________

Alors, quels sont les avis ?
Je continue ...
ou pas ???
Biyoux
Joy


_______________________







Réponses aux commentaires :

Nina :

Oui, une battle, c'est une défi, en danse. Ou une bataille. Une facon de se battre, de montrer qui est le plus fort. En général, elle se fait en cercle, tout les spectateurs autour de ceux qui se "battent". C'est le public improvisé qui décide qui est le gagnant en criant, en montrant son enthousiasme. Le plus souvent, on utilise des pas bien précis, qui veulent dire quelque chose, qui expriment une émotion (ca s'appelle la pantomime, c'est un langage qui se danse, si tu veux, et chaque danse a son langage) pour umilier l'adversaire. Voila pour els battles.

Pour Bejart ... Oh oui, j'aimerai. Mais malheureusement, il n'y a plus de places. Si tu savais comme ca me peine. Un grand mosieur de la danse. Il a reussit a réunir tout ceux qui se disaient que la danse était nulle dans une salle de spectacle et les faire tous ressortir le sourire aux levres, emerveillés de ce qu'ils avaient vu. Un magicien, ce danseur et chorégrpahe. Je regrette tellement de n'avoir vu aucun de ses spectacles.

Pour la danse, je fasais du classique, principalement. Un peu plus tard je me suis mise au contemporain. J'adorais ca. Vraiment. Ca te libère complètement l'esprit. Plus encore que le classique. Et de la Street Dance, dite aussi R'n'B en langage "barbare" lol. Et j'ai arreté par obligation. Je me suis blaissée plusieurs fois au meme genou (mais bon ca m'empechait pas de desobeir a mon kiné lol), et puis ensuite le temps m'a manqué. Et comme je danse toute la journée ou pas du tout et qu'il faut bien se nourrir et travailler, et ben c'est pas du tout. Pour info je dansais jusqu'a 100 heures par mois. 25heures par semaines, 5heures par jour. Ca fait beaucoup lol. Donc une par semaine a la place c'est ridicule pour moi. Donc je préfère me priver plutot que de voir mon niveau se dégrader.

Voila, je crois que j'ai répondu a toutes tes questions. Bisoux la miss.


x-pitiblogdeth-x :

Sa mere ? On le saura plus tard... héhé.

# Posté le samedi 08 décembre 2007 19:43

Modifié le dimanche 09 décembre 2007 18:19

___Chapitre 3___

_____________________________________________________________________________

Et voici le chapitre 3 les amis !!! J'espère qu'il vous plaira. Moi j'aime surtout la derniere partie.
On se demande pourquoi ;)

Bonne lecture les gens.

Joy

_____________________________________________________________________________








Je n'ai pas dormi de la nuit. J'ai pensé toute la nuit a la soirée d'hier. Tom. Cette petite fille dans ses bras. Ca doit etre sa petite soeur. Et la facon dont il s'en occupe. La voix qu'il prend pour lui parler. Comme protecteur. Sa vois aimante. Lui qu'on prendrait pour une brute peut aimer. Et ces phrases qu'il m'a dit. «Oublies que tu as une bombe sexuelle devant toi ... Comment tu crois que je fais quand tu m'observes tous les soirs ?». Ca fait bizarre. Pourtant, il n'a pas l'air homosexuel. Meme pas du tout. Je me suis retourné le cerveau comme pas deux. Je ne suis pas amoureux, rien que du physique. Mais il m'intrigue. Tellement.

Je termine ma cigarette et rentre dans le bâtiment. Tout le monde se presse dans les couloirs. Pour un mercredi, c'est bizarre qu'il y est autant de monde. Normalement, le mercredi, c'est le jour des matières générales pour les matières «non sportives». Autrement dit, toutes sauf celles qui concernent la danse. Peu importe. Je monte à l'étage et rentre dans le vestiaire. Tout le monde s'agite. Je ne comprends rien, j'ai la tete encore dans mon lit. J'ouvre mon casier pour prendre mes affaires et vois tomber une lettre. Je la ramasse. Il y a un cachet de l'administration dessus. Lorsqu'ils ont des notes a nous faire parvenir, ils nous les mettent là, pour qu'on ne puisse pas dire que la poste a perdue la lettre. Je l'ouvre.

Mr Trümper,

Nous vous informons de la mensuelle visite médicale, ce jour, 10 Octobre 2007. Nous vous demandons pour se faire de vous présenter a 14heures pour une visite individuelle, munit de votre carnet de suivi, ainsi que d'une pièce d'identité.

Vous serez exceptionnellement tenu de manquer les cours prévus a cette heure, et de vous présenter ponctuellement.

Une pesée et une prise de sang étant prévus, vous serez tenu de ne pas manger a l'heure du déjeuné. Un repas vous sera servit suite à l'entretien.

Veyez acceptez nos sinceres salutations,

L'admistration et la diretrice de l'école des Arts de la Scene de Berlin.



Il ne manquait plus que ca. Alors c'est pour ca que tout le monde s'agite. J'imagine deja les filles en train de mettre des pieces de monnaie dans leur chignon et de rembourer leur soutient gorge avec des choses lourdes. Les garcons se demandent comment faire pour faire peser un peu plus sur la balance. Faut qu'ils se calment. Ils devraient savoir depuis le temps que nous, les garcons, on ne peut RIEN faire pour faire plus lourd. Ils sont pitoyables. Je ne m'inquiète meme pas. Je sais deja ce que l'on va me dire. «Monsieur Kaulitz, votre poids est inférieur a celui exigé». Je le sais ca. Je mange deja comme six, je ne vais tout meme pas manger pour dix et m'exploser l'estomac pour eux, si? Arg, je déteste les visites médicales. En plus ils vont encore nous mettre une apprentie infirmière pour la prise de sang. Ca va pas etre de la tarte, cette piqûre. Bon aller, Trümper, on se motive, et on s'habille, le cours ne va pas tarder...




***





L'entretien c'est plutot bien passé. Il voulait juste me parler des notes de ma petite soeur. Elle est très bonne élève aparament, mais ses notes chutent quelque peu. C'est vrai que je ne m'occupe plus beaucoup de ses devoirs depuis quelque temps. Il faut rattraper ca. Et elle ne peut plus rester a l'étude. Ca, par contre, ca m'embete. Meme si l'école n'est pas bien loin, je ne peux pas lui demander de rentrer toute seule. Je ne sais pas trop comment faire. Vraiment, ca m'embete. L'étude ferme parce que celle qui la fait habituellement a été hospitalisée, et personne ne veut prendre sa place en attendant. Je suis devant son école et je m'allume une cigarette.

Une jeune fille passe devant moi en me faisant un grand sourire. Désolé, mademoiselle, mais je ne mange pas de ce pain là. Elle punaise un papier sur le panneau d'affichage. Intrigué, je regarde. «Recherche enfant a garder ...» Je ne lis meme pas la suite et l'appelle. Elle se retourne. Elle pense certainement que je veux la draguer.

«Excuse-moi, mais ... tu demandes combien pour garder des enfants ?
-Euh ...
elle ne s'attendait pas a ca, apparament. Euh, huit euros de l'heure, pourquoi ?
-Si je te demande de garder ma petite soeur pendant cinq heures chaque jour de la semaine, tu me ferais un tarif ou pas ?
-Cinq heures ? tous les jours ? Si je m'attendais a ce qu'on me demande autant ? Bien sur, oui, je te fais un prix. J'y gagnerai plus en te faisant payer moins mais en la gardant plus que une heure par ci par la. Si je te dis 4euros l'heure ?
-C'est génial. Tu peux commencer quand ?
-Euh ... demain ?
-Cette après-midi ?
-Oula, t'as l'air d'en avoir besoin de ta baby-sitter.
-Oui, beaucoup. Pendant une semaine. Après, ca sera bon. Ca te fait 100euros a la fin de la semaine. Ca te convient ?
-C'est génial. Faut que je fasse quoi ?
»

Je ne veux pas prendre le moindre risque. Je viens avec elle faire une photocopie de sa carte d'identité pour etre sur qu'elle est bien ce qu'elle rpétend etre et en cas de pépin, on sait jamais, j'ai son identité. Je prends également son numéro de téléphone, lui donne le mien, et l'emmene a l'école pour prévenir la surveillante que durant toute la semaine, c'est elle qui viendra chercher Lilly. Va falloir taper dans la réserve de secours pour l'argent, mais bon, j'ai pas vraiment le choix. Je donne un mot a la surveillante pour prévenir ma petite soeur et embrasse Lydia. C'est comme ca qu'elle s'appelle. Avant de partir pour l'école.




L'école est un vrai feu ardent. Qu'est-ce qui se passe ? je vais dans mon vestiaire et trouve un mot. Eh merde, visite médicale. A 13h30. Pourquoi moi ? D'habitude elles sont collectives en plus. Je dois vraiment etre un cas a part pour qu'ils me demandent de venir en rendez-vous individuel. Pfffff. Comment je leur explique que je ne suis pas anorexique mais que je n'ai pas le temps ni l'argent pour manger mis a part le midiparce que ca m'est offert ? Arg. Je déteste les visites médicales. Bon aller, je suis déja assez en retard, faut se depecher.




J'ai la dalle putain. Et je ne peux meme pas manger. Ca fait un quart d'heure que je poireaute. A enfin. Une fille sort, completement en larmes. Oula, celle-la a mon avis, elle s'est fait remonté les bretelles par le médecin, et elle doit meme etre en train de se faire virer. Ils ne rigolent pas la-dessus. C'est notre santé qui est en jeu. Le medecin me demande si je suis bien Tom Kaulitz, et il me fait entrer.

«Bien, monsieur Kaulitz. Vous vous doutez que si vous etes en entretien individuel, c'est que vos professeurs ont remarqué que quelque chose n'allait pas.
-J'en suis conscient, monsieur.
-Vous admettez donc qu'il y a un probleme ?
-Oui, je l'admets, mais je ne suis pas anorexique, si c'est ce que vous pensez.
-Je ne pense rien. Allez, déshabillez-vous, nous allons passer a la pesée.
»

Je me déshabille, ne gardant que mon boxer, et monte sur la balance. Je vois le medecin froncer des sourcils. Il me dit de descendre, et de me mettre sur la table d'examen. «49 kilos cest vraiment peu, jeune homme». Je ne réponds rien, à quoi bon. Il prend ma tension, ca a l'air bon, il tate mon ventre. Putain fais gaffe, j'ai envie de pisser ! Il tate ma gorge en m'enfoncant ses doix noueux dans la peau, putain ca fait mal, connard ! Puis il regarde mes oreilles et le fond ma gorge. Ca a l'air de le satisfaire.

Je me rhabille puis retourne au bureau, ou il est déjà.

«Bien. Pourquoi etes-vous si maigre, si vous n'etes pas anorexique ?
-Si je vous le dit, vous le gardez pour vous ? Secret médical hein ? Vous me le promettez ?
-Bien sur, jeune homme. C'est promis. Mais si vous voulez rester ici, il va falloir me le dire. Et que je vous donne un régime adapté a votre minceur.
-Je vis presque seul chez moi avec ma petite soeur. Et tout l'argent que j'ai, je le garde pour nourrir et habiller ma petite soeur. Moi je ne mange qu'un petit déjeuné et le midi, a la cantine, parce que je suis boursier et que c'est gratuit. Le soir, je ne mange pas. Et comme je danse toute la journée, tout ce que j'ai dans le ventre est éliminé.
-Je vois. Et que mangez-vous le midi ?
-Féculents et protéines. Muscles et graisses.
-C'est bien déjà. Il faudrait trouver une solution, mr Kaulitz. Votre poids m'inquiète. Je vais faire un mot pour que l'on vous donne autant de féculent que vous le voudrez a la cafétaria. Il faut que vous preniez du poids. Travaillez-vous ?
-Quand je travaille, c'est que j'ai le temps, ou alors que j'ai trouvé un contrat pour danser. Et comme je n'ai ni l'un, ni l'autre ... non.
-Et vous ne pourriez pas trouver un travail a l'école ?
-J'ai deja demandé, ils n'en ont plus.
-C'est embetant. Ecoutez, je reviens dans une semaine. Nous nous reverrons a ce moment là. Mangez deja autant que vous le pouvez a la cantine. Et essayez de manger le soir. Parce que meme si je comprends votre situation, je ne peux pas falcifier votre dossier médical. Vous me comprenez ?
-Bien sur. Merci monsieur. Et pour la prise de sang ?
-Elle n'est pas nécessaire. Je sais déjà qu'il vous faut des compléments alimentaires en fer, en zinc et en calcium. Je vais faire votre ordonnance, vous la trouverez dans votre casier.
-Merci. Aurevoir.
-Je vous raccompagne
»

On se leve tous les deux et il m'accompagne jusqu'à la porte. Bill est là, il attend son tour. «N'oubliez pas tout ce que je vous ai dit. C'est une question de santé.» Je baisse la tete. Il ne peut pas dire ca ailleurs que devant Bill. «J'y penserais, ne vous inquiétez pas.» Je commence a partir mais on m'appelle. «Tom !» Je me retourne. C'est Bill. Il s'approche de moi. «Si je te dis 18heures a la salle, tu viendras ?». Je reflechis un peu. Faut que je m'occupe de Lilly. Lydia doit me l'amener. «Euh ... d'accord. Salle Béjart ?» Il me tend la main, je la serre «Salle béjart» confirme-t-il. Puis il retourne vers le médecin, qui le fait entrer.

Je pars au self, j'ai trop faim, et donne mon papier a la dame derriere les vitres où se trouvent les plats. Elle me regardent d'un air dédaigneux. «Boursier, et en plus il faut lui donner double ration. J'hallucine». J'ai bien envie de la baffer. Mais je ne dis rien, et prend mon plat. C'est pas génial, aujourd'hui. Frites molles et steak haché qui ressemble a de la semelle de chaussure. Magnifique. Mais bon, faut manger. Meme si j'ai un putain de noeud dans le ventre. Meme si j'ai pas envie de manger. Meme si je me dis que j'ai plus que la peau sur les os.

Je coupe comme je peux ce steak qui est dix fois trop dur et tente un masticage intensif pour pouvoir l'avaler, mais y a rien a faire je le recrache. «C'est dégueulasse, pas vrai ?» Un plateau se pose en face de moi. Bill. Il me suis ou quoi ? «C'est pire que ca. C'est de la pea d'élephant, ce truc.» il me regarde, amusé. Puis entame son steak, tres tendre, pour lui. Saignant meme. «C'est ca d'etre boursier. Ces connasses ne te refile que ce qui a été cramé ou raté». Je lance un regard aux soit-disant cuisinières et prend mon assiete. Je me poste devant elles. «Excusez-moi, mais ce truc est inmangeable. Est-ce que je pourrais avoir un steak convenable s'il vous plait ?» Elles me regardent, hallucinées. Une des deux me prend violamment l'assiette des mains et me donne une assiette correcte. Je repars a ma place, et commence a manger. Maintenant que j'ai quelque chose d'apétissant devant moi, j'ai la dalle.

Je regarde Bill, qui me regarde. Ou plutot qui me fixe.

«Il t'a relaché vite le médecin, dis-donc, dis-je, tout en mangeant.
-Ouai. J'aime pas ce genre de truc. Je lui ai dit que quoi qu'il fasse il me ferait pas grossir, que je suis foutu comme ca. Qu'il peut regarder ma courbe de croissance etc, il verrait que c'est bon. Alors il m'a relaché quand il a vu que j'ai pris un kilo depuis l'année derniere. Ils me saoulent ces cons. On est pas tous anorexiques. Faut pas déconner.
-C'est clair.
-Et toi il t'a dit quoi ?
-Il m'a dit qu'il était tenu au secret médical...
»

Il comprend qu'il ne vaut mieux pas parler du sujet. Et en change.

«Dis, comment t'as eu les clés des salles, toi ? Parce que c'est pas réservé tout le monde.
-Je préparai un concours mais j'avais pas le temps de le préparer et l'école voulait me voir gagner, ca ferait un trophée de plus, tu comprends ? Donc ils m'ont donné les clés, et quand ils ont voulu me les reprendre je leur ai dit que je voulais les garder. C'était mon cadeau de victoire un peu ... Et toi ?
-Ba moi l'école est venue me chercher et comme dans mon ancienne école je pouvais danser jusqu'a pas d'heure et que je ne voulais pas que ca change c'est la condition que j'ai posé pour accepter leur proposition.
-Et comment ca se fait qu'ils t'ont demandé de venir ?
-Euh ... Je sais pas trop. Je me suis levé un matin et on m'a dit qu'une ecole m'avait proposé d'intégrer l'équipe. Donc ba j'ai réfléchit et je me suis rendu compte que c'était l'une des meilleures, donc j'ai dit oui. Mais pourquoi ils m'ont demandé, j'en sais fichtre rien


On continue de parler un peu comme ca, jusqu'a ce qu'on finisse de manger. Puis on repart chacun a nos cours. Ca m'a fait du bien de parler a quelqu'un. J'aime pas les gens ici. C'est trop chacun pour sa gueule. D'accord, la danse est un sport individuel mais bon. C'est pas une raison. Ici, c'est marche ou creve.




***





Je l'attends dans le hall. C'est la qu'on s'est donné rendez-vous. Je le vois enfin arrivé, prenant le grand escaler de marbre en courant. Mais ce n'est pas vers moi qu'il se dirige. Je suis sa course des yeux, et le vois s'arreter devant une tres jolie jeune fille et la petite d'hier. Il fait une énorme bise a la demoiselle, et prend la petite dans ses bras, lui faisant plein de petits bisoux dans le cou. Elle rigole. Je me demande vraiment qui c'est. Il embrasse un seconde fois la fille, puis elle s'en va. J'avoue etre un peu jaloux. Ca me ferait chier qu'il se la tape. Il tourne sur lui-meme et cherche quelque chose. Il me voit et s'approche.

«Désolé, je suis en retard.
-Pas grave. Coucou ma puce
»

La petite se cache dans le cou de Tom. Comme si je lui faisait peur.

«T'inquiètes pas, c'est pas contre toi, c'est juste qu'elle est timide» Je ne me formalise pas, et on monte. La salle Béjart est rien qu'a nous. J'enleve mon pull pour me retrouver en T-shirt et commence a m'étirer. Lui emmene la petite au fond de la salle et lui demande de sortir ses affaires.

«Tu fais tous tes devoirs, hein ?
-Je les ai tous fait. Lydia a dit que j'aurai pas le droit de jouer sinon.
-Et elle a bien raison. C'est bien ma puce. Alors tu sors ta poupée et tu restes tranquille, hein ?
».

Il s'avance vers moi et se met torse nu. Il est magnifique. Un peu trop mince, forcément pas tres musclé, mais j'aime. Il lance la musique et commence a danser. Pas comme d'habitude. Du jazz. Je ne savais pas qu'il savait danser ca. Je le regarde, fasciné, tout en faisant mes echauffements. Il dégage tellement de chose, lorsqu'il danse. Il a tellement de choses a dire. Tellement d'émotions a faire partager. Ca m'en ferait presque couler une larme. Mais non, je ne le ferais pas. Un homme, ca ne pleure pas.




***





Je le vois m'observer dans le miroir mais reste impassible. S'il n'y avait pas Lilly, je l'embrasserai immédiatement. Tout de suite, sans aucune raison apparente. Juste parce que j'en ai envie. Parce qu'il me fait envie. Tout entier. Heureusement qu'il garde son T-shirt parce que sinon, Lilly ou pas Lilly, je lui saute dessus. Il s'approche de moi et emboite mes pas. Je ne le lache pas du regard. Lui me fusille. Je sens tout ce qu'il veut me dire. Un mélange de «J'ai envie de toi» et de «Qu'est-ce que t'attends ?». Ca me fait sourire.

On danse, comme ca. Rien que lui et moi, sur ce parquet élastique. La musique s'arrete, j'attrape une serviette dans mon sac et essuie mon visage et mon cou. Je change ensuite le CD.

«Tu mets quoi ?
-Faut que je bosse, mais j'arrive pas a finir ma variation.
-Tu veux que je t'aide ?
-si tu penses que t'en ai capable.
-Non, mais je peux essayer.
»

Je lance le CD et marque un peu les pas pour me les remettre «en jambes» et remet la musique au début. Je me place et commence ma variation. Il me regarde, assis devant le miroir. Les jambes en lotus. Il observe mes moindres gestes. Tente de les imprimer. En plein milieu de la chanson, je m'arrete. «Et voila, c'est la que je bloque.» Il se leve et se place à coté de moi. Il marque a son tour quelques pas avec ses mains, ce qui fait que ce n'est compréhensible que pour lui. Puis il releve la tete. «Tu serais pret a y intégrer des trucs pas vraiment dans ton registre ?» Je le regarde, intrigué. «C'est a dire ?» Il soupire légererement. «Faire un mélange. Rester dans ton style, mais en y intégrant des pas qui viennent d'autre styles de danse, tu vois ?» Je rigole. «Pas vraiment ... non.» Il fait semblant d'etre agacé et relance la musique. Il a reussit a presque tout mémoriser. C'est dingue. Il faut dire aussi qu'on nous oblige a avoir une mémoire surdimensionnée.

Arrivé au moment où je bloque, il part en arrabesque sur demi-pointes, et se laisse tomber lachement, enfin lachement pour quelqu'un qui ne s'y connais pas, mais en fait, tout est dans les abdos, et s'assoit par terre, ses jambes presque repliées sur son torse. Il fait une roulade arriere en passant par la chandelle puis l'équilibre et se retrouve sur ses pieds. Et il enchaine comme ca. Des pas qui vont parfaitement sur la musique alors qu'on aurait jamais cru. Mêlant Classique et Street Dance. Ca rend vraiment bien. Il s'arrete a la fin de la chanson et reprend son souffle. «Alors ?» Je m'approche de lui, le sourire en banane. «C'est génial. On s'y remet?» Il rigole, encore essouflé, et on reprend. Pendant trois bonnes heures. Il ne me reste plus que les 12 dernieres secondes a trouver, mais je vois Lilly au fond de la salle qui commence a fatiguer. Je la prends dans mes bras et lui fait un énorme bisou. Elle se frotte les yeux.

«Bill, je crois que je vais rentrer, elle est épuisée.
-Ok, je vais y aller aussi, alors. Tu rentres par où ?
-Euh, sud est.
-On fait le chemin ensemble ?
-Euh, si tu veux.
»

Je ramasse les affaires de Lilly, les miennes, prend la petite dans les bras, et on y va après avoir refermé la salle, puis la porte de service, derriere l'école. On fait le chemin ensemble. Dans un frois glacial. Il a beau faire bon dehors, nous n'échangeons aucunes paroles.




***





Il craint son quartier. J'ai fais style que je n'habitai pas loin, mais je crois qu'il sait que c'est faux. Apparament, on est arrivé. Il s'arrete et se tourne vers moi. «Bon, eh ben a demain» Me dit-il, en me tendant une joue pour que je lui fasse une bise. Mais je l'évite. «Tu m'invites pas a entrer ?» Il regarde inquiet vers la maison. «Euh, attends, je vais voir si la voie est libre ...» Il rentre dans la maison, me laissant dehors. Il en ressort cinq minutes plus tard. Sans la petite. «Viens» il a a peine murmuer, je le suis. Sa maison n'est pas mal. Un peu vieillote mais j'aime bien. On longe un couloir et il me fait rentrer dans ce qui me semble etre la cuisine. «Vas-y, installe-toi.» Il me montre la table. Je m'asseois. Il m'accompagne. «Alors c'est ta petite soeur?» il rigole. «tu croyais que c'était qui?» Je me sens con, là.

«Euh, je sais pas.
-Oui, c'est ma petite soeur. Et je viens de la coucher. Donc on est tout seuls, là.
-Je dois comprendre ca comment ?
-Viens
»

Il a a peine murmurer et me tend la main, que je prends. Il m'entraine dans l'escalier puis on longe a nouveau un couloir, plongé dans le noir. Au bout du corridor, il ouvre une porte, et allume une lampe, juste a l'entrée. Sa chambre. Il ferme la porte et m'attire contre lui. Il renifle mon cou, mes cheveux, ses mains dans mon dos, puis embrasse mon cou, ma machoire et dépose un baiser furtif sur mes levres. Je ne me contenterai pas de ca. Je redépose mes lèvres sur les siennes. Notre baiser s'approfondit et je passe la barriere de ses levres. Nos langues se touchent. S'enlacent. J'ai passé mes doigts sous son T-shirt. Il est glacé. Je passe mes mains sous ses fesses et le rapproche de moi. Il m'ote mon T-shirt, je ne proteste pas. Je déboutonne son jean. Il n'oppose aucune résistance. Il enleve ses chaussures avec ses pieds et je laisse son pantalon glisser le long de ses jambes pour qu'il rejoigne le sol. Il sépare nos levres et m'attire jusqu'à son lit, où il s'allonge. Je l'enjambe et notre baiser reprend. Plus fougueux. Je lui ôte son haut, mes mains parcourent son ventre, ses tétons, mes baisers descendent le long de sa machoire, je m'attarde sur son cou. J'aspire sa peau, la lèche. Il a tiré sa tete en arriere pour mieux profiter et me faciliter la tache, puis je continu ma descente. Je mordille ses tétons, le faisant gémir. Je leche goulument son nombril. Embrasse la barriere de son boxer, tout en l'enlevant. Il se retrouve nu devant moi. J'embrasse le bout de sa fierté dressée. Il me ramene a lui et m'embrasse, puis il me retourne pour se retrouver sur moi. Delicatement, tout en continuant ses baisers, il déboutonne mon jean et le fait glisser, emportant avec lui mon calecon.

Il descend a la hauteur de mon sexe et le prend en bouche, sans plus de préliminaires. Je gémis, le dos cambré sous le plaisir. Sa main accompagne sa bouche, il accélere, le bout de sa langue titillant mon gland. Il s'y prend bien le con. Il n'en est pas a son coup d'essaie. Ca se voit. «han?» Je n'arrive plus a m'arreter de gémir. Au moment où je me sens partir, je le stoppe, il ne cherche pas a me demander pourquoi, il s'allonge de lui meme a mes cotés. Je l'embrasse. Ca en degoute certain, qu'on les embrasse après qu'on leur ai fait une fellation, mais moi je m'en fou. Je l'embrasse, certainement un peu sauvagement. J'ai envie de lui. Trop envie de lui. Ma main glisse a son entre-jambe et je caresse l'intérieur de ses cuisses. Du bout des doigts. Il gemit en meme temps que nos baisers. Mes doigts arrivent a son entrée, et je commence a tater son anneau de chaire. Nos levres toujours collées, il arrive a me parler. «T'embete pas avec ca». Alors je ne m'en encombrerait pas. Il tend sa main a sa table de chevet et tire un tiroir d'où il sort un préservatif. Il le déroule sur mon membre pire que gonflé. Je passe sur lui et descend une main a mon sexe. Je la dirige vers ses fesses et je pénètre doucement en lui. Je pénètre au plus profond et attend un peu qu'il s'habitue. Mais vraiment pas longtemps. Il bouge lui meme son bassin. Je commence de lents vas et viens, je veux sentir mon sexe froler sa muqueuse. Sa chaleur contre mon pénis gonflé de plaisir. On gémit en n'en plus pouvoir. Mes vas et viens s'accélèrent, je pose ma main sur son sexe, et le masturbe en meme temps que mes mouvements de bassin. On crit a présent. On transpire.On gémit chacun le nom de l'autre. Mes forces me lachent, je me libère en un râle rauque en lui. Pendant que lui se met a trembler, ses paupières se révulsent et il se libère dans ma main. Nos souffles sont courts. On cherche un peu d'air. On le trouve difficilement. Je m'effondre sur son torse humide. Ses mains se posent dans mon dos, et caressent ma colonne vertébrale, me faisant frissoner un peu. Le contraste de la chaleur de nos corps et de ses mains qui touchent ces zones érognènes placées le long de mon dos. Je me retire de lui et on reste là, un moment, lui allongé en dessous moi. Puis délicatement, il me repousse et se lève. Il va prendre une douche, je pense. Certainement, meme.

Une dizaine de minutes plus tard, il revient aupres de moi. Il se couche a mes cotés. Il a remis un boxer. «Si tu veux prendre une douche, tu peux.» me dit-il. Je fais non de la tete. Je le veux contre moi. Il m'ouvre un bras et je me blottis contre son torse.

«Tom ... Tom ! Tom!» Il se redresse brusquement mais me repousse sans brusquerie puis court a travers le couloir. J'enfile mon calecon et le suis. Je vois une lumière dans le couloir, je me dirige par là. Je trouve Tom, assis sur un lit, la petite dans ses bras. Pleurant. Il la berce, doucement. Lui caresse les cheveux avec une infinie tendresse. «C'est fini, ma puce. C'est fini». La petite se retire de ses bras et essuie ses larmes avec ses toutes petites mains. Tom l'aide un peu et prend un mouchoir sur la table de chevet, qu'il lui donne. Elle se mouche. «Allez Lilly, au dodo, maintenant. Demain, tu te leves tot.» Lilly se recouche et il passe la couverture sur elle. Il l'embrasse sur la joue et lui dit bonne nuit, avant de passer a coté de moi et d'éteindre la lumière. Il ferme la porte et me prend la main. Il m'entraine a nouveau dans la chambre. Il s'assoit contre sa tete de lit, et me prend contre lui, ma tete contre son torse. Il sort un paquet de cigarettes de sa table de nuit, et m'en tend une, que j'accepte. «Je croyais qu'un danseur classique ne devait pas fumer.» Je rigole doucement. «Je ne suis pas danseur classique. Je suis danseur contemporain. Et non, on ne doit pas fumer. C'est pas pour ca que je fais ce que l'on me dit. D'ailleurs, tu ne devrais pas fumer non plus. Aucun sportif.» il rigole un peu a son tour. Il a posé son cendrier sur ses cuisses et on y dépose nos cendres chacun son tour. Ce qui me fait triste, c'est que demain, tout sera comme avant. Que cette nuit était magnifique, mais que demain, ce ne sera plus qu'un reve.

«A quoi tu penses ?
-A rien. Et a tout.
-Magnifique réponse,
rigole-t-il. Et plus sérieusement ?
-A demain.
-Oula, alors on a pas fini.
-C'est sur. Demain c'est tous les jours.
-Et tu te demandes si on sera ensemble, c'est ca?
-Un peu.
-Complètement meme
»

Il tire sur sa cigarette, et je fais de meme.

«Tu sais, j'en sais rien si demain on sera encore ensemble. Et franchement, je préfère pas pour toi.
-Comment ca ?
ma voix tremble.
-T'es beau, Bill, et t'es adorable. Qui plus est t'es un tres bon danseur, et tu me plais. C'était génial, j'en avais envie, t'en avais envie, mais je ne pense pas que je sois celui qu'il te faut.
-C'est a moi d'en décider je pense, non ?
-C'est vrai.
-Alors si je te dis que ca fais des mois que je t'observe, que j'avais envie de ce qu'il s'est passé et que maintenant que ca c'est passé et que je commence a te connaitre, j'ai envie de plus qu'une nuit ?
-Alors t'auras le droit a plus qu'une nuit ...
»

Encore une fois, il a murmuré. On écrase nos cigarettes et je leve la tete vers lui. Il m'embrasse langoureusement tout en éteignant la lumière. Notre baiser s'arrete lorsque la fatigue nous emporte. Ma tete calée sur son torse. Sa main dans mon dos.









_____________________________________

Alors verdict ? J'attends vos impressions.

Gros biyoux.

Joy.

_____________________________________







Réponses aux commentaires : (mises en page plus tard, lest tard là lol)


Nina :

C'est dingue comme on pense pareil. Pour moi aussi, Tom est homosexuel. Enfin non, bisexuel. Comme Bill quoi. A la différence pres que je pense que Bill est puceau. Ne me tuez pas, s'il vous plait. Je dis ce que je pense, c'est tout. Tom puceau ? J'ai un peu du mal a l'avaler, surtout depuis le témoignange de "je sais plus comment elle s'appelle désolée" lol. Mais bon ... je sais pas trop. Et pour le come-back de Bill sur internet, désolée a toutes, je vais peut etre baisser en audiance, mais j'y crois. Je l'ai meme dit avant que toute la polémique éclate. "Ils vont avoir dix huit ans, ils vont tout dire". Mais personne ne m'a pris au sérieux. Avant le 1er Septembre, tout comme après.

Mais sachez que leur orientation sexuelle, je m'en fiche pas mal, enfin non, je veux les voir heureux, tout comme ils nous donnent ce sourire aux lèvres qui ne s'en va que lorsque l'on éteind la musique. Ce que je veux, c'est voir leur prochain album sortir dans les bacs, me droguer encore un peu plus a leur musique qui me fait oublier tous mes problemes ou qui m'y enfonce. Leur musique, c'est un thérapie pour moi. Et leurs concerts, c'est de la jouissance meme. Enfin quand j'arrive a les entendre et les voir lol.

Sur ce, Bill et Tom, homo ou pas, bi ou pas, hétéro ... ou pas, eh bien qu'ils continuent a nous faire rever. Et si le fait qu'ils soient homosexuels nous en libère de certaines qui nous empeche de suivre les concerts, moi je dis pas non ^^. héhé.

Biyoux Nina. Et merci de m'avoir permis de me défouler.


Suite des reponses aux commentaires bientot...

# Posté le lundi 10 décembre 2007 07:53

Modifié le lundi 10 décembre 2007 19:38

___Chapitre 4___









!!! CE SOIR !!!












Je n'ai meme pas envie de danser. Cette matinée m'a éprouvé. Comment a-t-il pu oser ? Je n'aime aps mon pere, mais quand-meme !

Arg. J'entre dans les vestiaires, c'est la totale cohue. Tout le monde est surexcité. Tout le monde est aglutiné devant le panneau d'affichage de la salle. Je tente de regarder. J'espere qu'ils ne recommencent pas leur délire de visite médicale... J'arrive enfin a m'approcher et la seule chose qui est dite c'est «Rendez-vous a 9h30 dans le théatre. Mettez tout de meme vos tenues, vous partirez en cours juste après la réunion.» Génial. Qu'ont-ils encore inventé ? Je m'habille, et me dirige vers le théatre. En y allant, je passe devant l'«aquarium», la salle Bejart. Bill y danse. Il essaie certainement d'expiller sa rage. Il me regarde, et espère certainement que je vienne le voir. Mais il peut rever.

Je m'asseois au milieu de la salle, la moitié des danseurs est dejà la. Tout le monde s'engouffre peu à peu. Bill me cherche dnas la salle, mais voyant que je ne lui prete aucune attention, part s'asseoir dans un coin de la salle, où je ne le vois plus.

Dix minutes plus tard, après tous les ragots que les élèves ont pu faire passer, «si ca se trouve, ils vont en virer», «non moi j'suis sure que l'école ferme», «les examens sont annulés», la directrice, suivie de nos professeurs, arrivent sur la scène du théatre.

«Bonjour mes enfants, commence-t-elle, hésitante. Hum, désolé pour cette convocation un peu tardive, mais nous sommes là pour vous annoncer quelque chose d'assez important ... hum ... L'école vient de recevoir un énorme don, de la part d'un anonyme, pour monter le spectacle que nous n'avions pas pu monter l'année derniere. Souvenez-vous, votre professeur d'allemand vous avait fait écrire une longue rédaction concernant ce que vous aimeriez dasner. Si, vous, vous deviez devenir chorégraphe et scénariste de ballet, vous auriez choisit comme histoire. Et deux rédactions avaient retenues notre attention. Mais suite au manque de financement, nous n'en avions choisit aucun. Depuis une semaine, vos professeurs et moi-memes avont étudié longuement le projet, sans vous mettre au courant. Et nous sommes parvenus a un choix. L'oeuvre de Tom Kaulitz a ainsi été retenues ...»

Tous les regards se tournent vers moi. Je me rabaisse dans mon siège et baisse la tete. Je déteste que l'on m'observe, sauf lorsque je danse. C'est évident.

«Nous avons donc retenu cette histoire, qui représente assez bien notre école, étant donné les conflits qui règnent entre les classes de danseurs. Il s'agit donc de deux bandes ennemis, les fortunés, et les déchus. Interprtés par les danseurs classique et contemporain d'un coté, et les dansuers hip-hop, de Street Dance et de Moderne, de l'autre. Nous en sommes parvenus a un choix concernant les premiers roles, qui seront avertis en temps et en heure de leur rôle respectifs Ceux qui ne seront pas appelés resteront donc dans le corps de ballet. J'invite a nous rejoindre sur la scene :

Maria Fontanez, Classe DC2
Olivier Dubois, Classe DH1
Arthus Rivera, Classe DC7
Nola Teneim, Classe DS4
Bill Trümper, Classe DCEtoile
Et Tom Kauliz, Classe DSEtoile.

Bien, maintenant qu'ils nous ont tous rejoinds, vous pouvez donc aller en cours. Ceux qui viennent d'etre appelés, restez avec moi, je vous prie.
»

Mon spectacle. On va jouer, MON spectacle. Pour faire connaitre l'école. Le mien. Et ils ont choisis les meilleurs danseurs. J'en suis tout étourdis. Bill me regarde, mi admiratif, mi désespéré. Je lis dans ses yeux qu'il me veut contre lui, qu'il veut que je lui sourisse. Mais non, je reste impassible. Il baisse les yeux, je garde la tete haute.

La directrice nous entraine dans une petite salle de répétition. Elle veut nous expliquer la suite des évènements.

J'ai du raconter mon histoire a tout le monde. Ce n'est pas bien compliqué, pourtant. Une histoire d'homosexuels, qui ne peuvent se le dire déjà a cause des préjugés, ensuite parce qu'ils sont de milieux différents. Bien entendu, je me retrouve premier role des défavorisés, et Bill premier role des embourgeoisés. J'ai comme une impression de déjà vu, et ca fait mal.

Désormais, nous répèterons, nous, les six solistes, tous les soirs une heure, pendant une semaine. Les professeurs ont déjà tout mis en place. Meme la chorégraphie est presque entièrement faite. Ils assurent. Puis après, tous les après-midi, nous répèterons ensemble, pendant que le corps de ballet répètera de son côté.

«Madame, je me permet de demander, comment va-t-on faire pour les examens ?
-Ils seront repoussés Tom, n'ayez pas d'inquiétude. `
-Et pour ceux qui ont des auditions de prévu ?
demande Bill, a son tour.
-Vous pourrez les passer, bien sur. Mais cela vous fera beaucoup de travail.
-Sommes nous obligés d'accepter votre proposition, madame, de faire partie du gala de l'école ?


La directrice semble indignée, perplexe. Bill ne veut pas danser dans mon spectacle. Et je comprends pourquoi. Je lui ai fait mal. C'est normal qu'il m'en veuille. Mais je ne peux pas faire autrement.

«Bill ... je commence.
-Non, s'il te plait, Tom, tais-toi, me répond-il, sévère.
-Pour répondre a votre question , Monsieur Trümper, enchaine la directrice, non, vous n'etes pas obligé. Mais c'est une formidable opportunité de se faire connaitre. D'autant qu'il y aura beaucoup de représentants de compagnies, dans le public.
-Je n'y participerais pas. Je suis désolé, madame.
»

Il quitte la salle, sous les yeux éberlués de tout le monde. Je n'y comprends rien, meme s'il ne veut plus me voir, il ne peut pas gacher cette chance. Pas a cause de moi. Pas pour moi.

Je lui cours après. Je longe les couloirs, mais je ne le vois déjà plus. Il court vite dis-moi. Lorsque je pénètre dans son vestiaire, il est en train de vider son casier. Il ne me jette meme pas un regard.

«Pourquoi tu fais ca, Bill ? Tu peux pas gacher ca ... a cause de moi..., je balbutie.»

Il me regard d'un air mauvais. J'aurai été insecte que cela aurait été pareil. «Le monde ne tourne pas autour de toi, Tom. Et j'ai eu une plus belle proposition ailleurs ...» Ca me fend le coeur. Je suis obligé de m'asseoir. Déjà, il me trouve prétentieux, et en plus il m'annonce qu'il a trouvé mieux ailleurs. Et quand comptait-il me le dire ?

«J'en étais pas encore sûr mais depuis ce matin, j'ai pris ma décision. Je retourne a Hambourg. Une compagnie m'a fait une proposition en or ...» Il prend une grande inspiration et ... «Je quitte l'école. Je ne te ferais plus honte.» Il finit son sac, et s'apprete a sortir, mais je le retiens. «Tu ne peux pas faire ca. J'ai déconné, je le sais. J'ai pas été cool. Mais tu sais tres bien, que dans cette compagnie, tu n'auras pas le premier role avant que l'Etoile soit a la retraite. Alors qu'ici...» il me regarde pire qu'une miette sur la table, et s'en va, un regard noir dans ses yeux en fente.

Il part, et me laisse là. Je ne peu m'empecher de pleurer. J'ai tout gaché. On n'a passé qu'une nuit ensemble mais ... je ne sais pas. Je ne l'aime pas, pas encore. Mais je tiens énormément a lui. Comme si je n'arriverai pas a respiré sans lui. D'ailleurs, je suffoque entre mes pleurs, je manque d'air.




***





«...
-Ludo, c'est Bill. J'arrive demain par le train de 14heures.
-...
-Oui oui, ne t'inquiètes pas, j'ai tout arrangé avec l'école, je pourrais revenir quand je veux.
-...
-T'inquiètes, ils ont trop besoin de moi de toute facon. Bon je t'appelle demain avant de prendre mon train.
-...
-Pas de souci,ciao.
-...
»




***





La maison est comme vide. Je n'arrete pas de pleurer. En plus mon pere m'a laissé une charmante lettre. Du genre «Je me casse, mais pas pour longtemps, enfin je sais pas, en tout cas je te laisse dix euros sur la table de la cuisine pour que tu puisses manger jusqu'a la fin de la semaine». Il est beau lui. Comment on nourrit deux personnes pendant trois jours avec dix euros ? Pfff. Lilly ne comprends rien. J'arrete pas de pleurer. Parce que je suis épuisé. Et j'ai la dalle. Y a rien dans le frigo, il me manque cinq euros pour payer Lydia demain, donc il ne me reste que cinq euros pour faire les courses. En sachant que tout est fermé vu l'heure a laquelle je suis rentré. Et y a rien dans le frigo.

J'ai fait le reste de pates a Lilly. Pour qu'elle aie au moins quelque chose dans le ventre. Puis je l'ai couchée.

Je rumine. J'ai rien d'autre a faire de toute façon. Oh et puis merde ! Je prends mon manteau, et sors.




***





J'ai rangé toutes mes affaires dans mes gros sacs de voyage. Les meubles restent là. Mon père les fera déménager dans quelques jours certainement. Ca me fout le bourdon de partir. J'étais bien, ici. Mais bon, je dois bien avouer que si j'avais refusé la proposition de cette compagnie, ce n'était que pour Tom. Parce que j'espérais qu'il deignerai me regarder, et peut etre meme m'aimer. Je sais que c'est con, un espoir débile. Comme ces gamines boutonneuses, considérées comme des laidrons dans leur collège, qui espèrent secretement que le mec le plus populaire de l'école les aime un jour (il faut toujours y croire, ca arrive parfois. J'en suis la preuve vivante). Et puis c'est arrivé. Cette nuit. Magnifique nuit. Mais ca n'aura été qu'une nuit. Un vulguere mouchoir. Qu'on a jeté après avoir essuyé quelques larmes.

On frappe a ma porte. Le voisin dois venir me demander mon aspirateur, comme d'habitude. Il peut pas venir plus tot de temps en temps?

«Tom ?» il est là, devant la porte. il a la tete basse, ses chaussures semblent l'interesser. Il ne dit rien. J'ouvre la porte en grand et lui fais signe d'entrer. Il avance timidement, et regarde autour de lui. Il inspecte la pièce. Y a plus grand chose a voir. Plus de babioles, l'appartement semble pret a revendre. Il ne reste plus qu'une ou deux babioles.

«Alors c'est vrai ? Tu t'en vas ? brise-t-il le silence.
-Oui, je réponds simplement.
-Tu resterais si je te demandais de rester?»

Il est tout timide. Mais en meme temps tellement sérieux. Je sais que ca lui coûte de venir me voir. En plus je ne sais meme pas comment il a eu mon adresse.

«Franchement ?
-Oui, franchement.
-A quoi ca servirait ? A peine une nuit et tu m'acheves
»

Il prend sa tete dans ses mains. Il se sent mal. Ca se voit. Il aimerait certainement reprendre a zéro. Il s'asseoit a la table du salon. Il regarde un point dans le vide. Puis il se met a sourire. Je cherche ce qu'il voit. Une photo. Il me la montre du doigt.

«J'ai fait presque la meme. Je devais avoir le meme age que toi sur cette photo. J'avais des chaussons de danse dans la main. C'est ma mere qui avait pris cette photo. Ce jour là, j'ai su que je finirai danseur. C'était une évidence. Et puis mon pere s'est emmelé, il a fait une crise. Mon fils ne deviendra jamais une tapette, singe-t-il en imitant son pere. Je l'ai tellement détesté ce jour là. Alors ma mere m'a inscrite a mon premier cours dnas le dos de ce con. Et le jour où elle est partie, pour elle, j'ai continué ... sans le dire a mon pere» Il s'arrete mais reste le visage rivé sur cette photographie. C'est ma mere qui l'a prise. Je l'aime beaucoup. J'ai moi-meme eu ma révélation ce jour là. Alors son pere ne sait meme pas qu'il danse ... ? Mais une autre question me trotte dans la tete. «Tom, elle est où, ta mere ?» Il tourne ses yeux vers moi, et me fais un sourire triste.

«Elle est morte, ma mere.» Aie. Putain je suis trop con. Je m'asseois a coté de lui. Je ne devrais pas. Je vais céder. Il m'a fait tellement mal, ce matin. Tellement mal. «Pourquoi t'es venu, Tom?» Il baisse la tete. «J'en sais rien. Mais de toute évidence c'était une erreur.» il se leve d'un bond et s'apprete a partir.




***





Je me lève et appuie sur la poignée, mais je sens une main sur mon ventre, et Bill se poste devant moi. Je ne saurais définir son regard. La seule chose que je peux dire, c'est qu'il est sincère. Je lache la poignée, et fixe ses yeux. Je n'y comprends rien. Que cherche-t-il ? Il veut savoir ce que je pense, c'est ca ? Alors qu'il cherche au fond de moi. Je lui offre. Qu'il y lise la tendresse que j'ai pour lui, l'envie que j'ai de le prendre dans mes bras. Le vide que j'aurai s'il part.

Il me prend la main et m'entraine jusque dans sa cuisine, où il me fait asseoir. Il cherche dans ses placards et en sors deux tasses, deux cuillers, une théiere, et mets a bouillir de l'eau. Moi je reste là, je l'observe, je ne dis rien. Lui fait son thé, comme si je n'étais pas là. Je suis épuisé, je vais m'endormir, si ca continue.

Puis il pose devant moi la tasse, et lui prend la sienne dans ses mains, comme s'il tentait de se les réchauffer, les deux pieds sur le siege, le dos appuyé contre le mur.

«Tu sais pourquoi j'aime la danse ?» Je le regarde, incrédule. Il comprends que je ne le suis pas. «Pour moi, c'est une facon d'etre moi-meme, meme si je ne joue pas que des roles qui me correspondent. La danse, c'est la liberté, enfin une sensation de liberté. Parce que tout est cadré au millimetre pres. Les lois de la danse. T'as l'impression d'etre libre. Mais c'est un acharnement de chaque instant. Parce que t'en apprends tous les jours. Comme dans la vie, en fait. Sauf que lorsque t'as un certain niveau, tu peux te permettre de faire tes chorégraphies, d'improviser, et dans tes improvisations, montrer ce que tu ressens. Au plus profond de toi. Montrer ce que tu aimes, en y mettant tel ou tel geste ou mouvement. Tu peux mettre une ame dans les roles que l'on te donne. La vie, c'est pareil. Sauf que la danse ne s'arrete jamais. Meme après que le rideau soit tombé. Parce que la danse ne te quitte jamais. Malheureux sont ceux qui arretent la danse. Parce que la danse traverse le temps. Et la vie, elle, s'arrete forcément un jour.»

Je me sens mal. Il a tellement raison. Et je comprends ce qu'il me dit. Je bois ces paroles. Il aime la danse, parce que lorsque l'on danse, les gens croient que l'on joue un role, alors que l'on est soit-meme. Alors que dans la vie, les gens pensent que l'on est nous-meme, alors que l'on joue un role. Et la vie, il faut la vivre au quart de tour, ne pas en louper une miette pour des conneries, parce qu'arrivé à la fin, c'est trop tard. On peut etre libre, malgré les lois. Il suffit de rester dans les regles, et on se créé sa liberté. Une larme roule sur ma joue. Je bois mon thé, puis inspecte ma tasse. Il me releve le menton de son doigt fin.

«T'as pas a avoir honte de toi, Tom. Etre homosexuel, c'est beau. Autant que d'etre hétéro.» Je le regarde, il a tellement raison. Il se leve et pars poser sa tasse dans l'évier après l'avoir bu d'un trait. Moi je garde la mienne. Ce qu'il vient de me dire m'a glacé le sang. Et j'ai besoin de la tasse pour me réchauffer.




***





Ce que je viens de lui dire veut dire tout et rien a la fois. Ca a tous les rapports et aucun avec notre situation. Mais je sais qu'il l'interpretera dans son sens. Tout le monde peut comprendre ce qu'il veut dans mes paroles. Elles s'adaptent a tous les cas. Chacun peut y voir son message. Ma tasse fait un gling sonore lorsque je la pose dans l'évier.

«Reste» Ce n'était qu'un murmure mais je l'ai entendu. Je ne bouge pas. Je veux qu'il me le dise plus fort. Qu'il me donne une seule raison de rester. «S'il te plait, reste». Sa voix tremble. Je me retourne et le regarde dans ses yeux tirant sur le vert. Des larmes se sont logées au bord. «Je fais comment si t'es plus là, moi ?» Comme tout le monde, voyons. On se connait a peine. «Je sais ce que tu penses. Genre on se connait a peine et tu te demandes comment je peux te demander de rester etc etc etc. Mais sincerement, je sais que tu penses pareil. Sinon, pourquoi tu serais resté ici, a Berlin, a me regarder tous les soirs danser alors que t'avais ta «proposition en or» qui t'attendais a Hambourg ?» Là, il a pas tord. Il se leve et s'approche de moi. Il pose un e main sur mon torse et ... «S'il te plait, reste» ... il m'embrasse. Comment résister ? Je pose ma main derriere sa nuque et ressere notre étreinte. J'ai besoin de lui. Comme il a besoin de moi. Et ca se sent. Nos langues se touchent. Elles se cherchent. Sa langue racle mon palais. Ca me donne des frissons. Tellement de frissons. Puis il se retire, et prend la direction de la porte. Il la ferme delicatement derriere lui. Je reste un moment interdit dans ce cuisine froide puis retourne dans le salon, pour m'affaler sur mon canapé, mais un petit quelque chose attire mon attention sur la table. Une clé. Et un mot...

# Posté le vendredi 21 décembre 2007 14:46

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 16:57